fragments canicule – 25 juin 26
12:18. léger souffle d’air sous l’épaisseur des feuillages – une corneille tourne au-dessus des bancs comme un rapace – «Il appréciait beaucoup le vin de Malaga, ce vin lourd, fort en bouche, sirupeux… » (p. 256) – un jeune homme à vélo et sa passagère, une petite fille blonde au casque rosé – carnets et cahiers empilés en désordre dans un rayon en cours de réalisation – la file de voitures s’allonge rue de Belleville. – +31°2 à l’intérieur, dans la pénombre – délice d’une tasse de thé glacé – relire p. 251 : « […] rien de particulier, il était assis à la table des quatre hommes, parlait, commandait du vin, trinquait, s’adossait à son siège, bref, ne faisait rien qui puisse justifier cet effroi généralisé, the general rigor […] » – des stries de lumière à travers les volets dont la peinture s’écaille – les fils des chargeurs emmêlés sur la table – sur l’écran Ophélie flotte brièvement au milieu des fleurs – oui c’est bien scandaleusement simple et scandaleusement exigeant – cherchant le nom d’une île – comment garder la tête froide quand le monde brûle – une fenêtre claque – +31°5 volets clos, tout est ralenti – un miaulement rauque, un seul – je raccroche avec la perspective d’aller me rafraîchir au cinéma ce soir (à l’instant même où sonne mon alarme des 15 minutes) – rechercher le passage où il est question d’écrire avec ses ongles pour graver les choses dans l’imaginaire du lecteur – les sanglots d’une enfant – façade ouest, les stores jaunes baissés – « c’était comme si l’auteur, expliqua Korim, et ce n’était pas une image, s’était servi en guise de stylo et de mots, de ses ongles… » (p. 234) – +31°8 mon cerveau a fondu, les pensées s’étiolent et tournent en boucle – rêver de grand Nord, de neige soufflée, de cristaux de glace, il est 18:18.
Le protocole d’écriture proposé par François Bon dans son atelier d’été est de noter chaque quart d’heure pendant six heures une sensation, un bruit, une odeur, une pensée, etc.